La perte d’un être cher est une choc brutal pour son entourage. D’un jour à l’autre, le défunt laisse une absence indescriptible dans la vie des gens qui l’aimaient. On peine alors à en parler, devant ses proches, pour soi, car la confrontation avec la réalité se veut encore plus difficile. Pourtant, libérer la parole fait partie du processus de deuil. Comment parler d’une personne décédée ? Explications.

Après l’annonce du décès

Il n’y a pas vraiment de règles pour parler d’une personne tout juste décédée.
En effet, il s’agit d’une annonce si brutale que les premiers jours, il est souvent difficile pour les endeuillés de savoir comment parler du défunt.
L’évoquer au passé est bien trop douloureux à ce stade. En parler au présent plonge l’endeuillé dans une sorte de déni.
Les jours suivant le décès sont les jours dédiés à l’acceptation de la nouvelle. La famille et les amis du défunt se veulent alors tristes, effondrés, évoquent de jolis souvenirs, en veulent potentiellement à l’être cher disparu (dans le cas d’un accident éventuel), se questionnent. Il peut être difficile d’appeler le défunt par son nom. D’ailleurs le simple fait d’entendre des tierces personnes en parler est source de colère, de tristesse. Les proches sont perdus entre plusieurs sentiments. Parler des souvenirs seraient accepter sa mort bien trop tôt. De la même manière, l’entourage plus éloigné du défunt doit peser ses mots lors d’une conversation avec la famille. Evitez de parler de ses défauts, de choses qu’il aurait faites de son vivant, dans le secret, de choses qu’il aurait dites. En effet, sa famille pourrait se sentir lésée ou avoir le sentiment de ne pas avoir assez profité/connu/partagé avec leur proche de son vivant et développer un sentiment de culpabilité.

Parler du défunt avec le temps

L’évocation du défunt se veut plus facile avec le temps. Il est important de l’appeler par son nom, ou son surnom, car sa place dans le cœur de ses proches reste la même.
Aussi, la perte de l’être cher suscite une émotion telle que l’on se remémore les bons souvenirs. Il s’agit même d’une étape essentielle au processus de deuil que de parler du défunt. Se rappeler les qualités du défunt soulage la peine. La famille peut, même après quelques mois, avoir le besoin constant de parler de son proche disparu. Il faut respecter cette nécessité. La libération de la parole est importante. Parler du défunt, peu à peu au passé, permet à son entourage d’accepter son absence, de vivre avec. Si l’émotion est forte les premiers temps, elle s’apaisera pour laisser place à quelques sourires francs.

Aussi, n’hésitez pas à poser des questions, lorsque vous sentez que l’un des proches du défunt a envie d’en parler. Comment était X ? Quelle était sa personnalité ? Comment te sens-tu, X mois après le décès de X ?
Prendre conscience de la réalité, c’est aussi discuter autour d’albums photos de famille. L’intérêt ici est de faire vivre le souvenir du défunt malgré le temps qui passe. C’est une peur que les proches peuvent avoir : que le défunt tombe dans l’oubli, que ce soit facile pour autrui de vivre sans lui, de ne plus l’évoquer.

Libérer la parole dans le processus de deuil

Contenir ses émotions n’est pas sans danger. Un décès est un choc et toute personne qui y est confrontée est en droit d’être triste, en colère, fragilisée par l’absence du défunt.
Pouvoir parler librement de ses sentiments, du défunt, permet d’initier le processus de deuil et de se délester d’un poids sur le cœur.

Qu’on se le dise, il n’est d’ailleurs pas rare, dans le cas où une personne se renferme, que son corps réagisse au manque de communication. Parler apaise, fait du bien. Echanger avec d’autres personnes permet de se sentir compris, épaulé, entouré.
De nos jours, des groupes de parole du deuil existent et offrent aux endeuillés la possibilité de partager leurs expériences face au deuil. De cette manière, ils font vivre le souvenir du défunt sans craindre d’importuner les participants, prêts à écouter et surtout partageant la même douleur.

Il s’agit de se questionner, de confier ses idées noires, ses angoisses, sans se sentir jugé. Les groupes de parole sont de véritables exutoires.

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