En France, l’avancée en âge de la population et les progrès de la médecine ont permis d’augmenter l'espérance de vie. Résultat : les enfants sont de plus en plus nombreux à s’occuper de leurs parents. Ils consacrent régulièrement du temps personnel pour leur venir en aide dans les actes de la vie quotidienne et pour les accompagner en cas de difficultés. La question du congé de proche aidant se pose dès lors. Qu’en est-il de l’impact sur leur santé ? Peuvent-ils bénéficier de temps de répit ? Ces aidants sont-ils éligibles à d’autres droits ? Les réponses dans cet article.

Qui sont les aidants et à quoi ressemble leur quotidien ?

Les aidants sont les personnes qui interviennent de manière régulière et non professionnelle pour accomplir tout ou une partie des actes de la vie quotidienne d’un proche dépendant. C’est la loi sur l’Adaptation de la Société au Vieillissement (ASV) qui a permis de mettre un nom sur ce quotidien que vivent 11 millions d’individus. Le baromètre de la Fondation April (2019) a précisé que les aidants familiaux représentaient 1 Français sur 5.

Les tâches effectuées par ces personnes bienveillantes, notamment dans le cadre d'une perte d'autonomie de la personne âgée, sont plurielles : aide aux courses, au ménage, organisation et accompagnement aux rendez-vous médicaux, prise en charge des démarches administrative, soutien moral, gestion du placement en établissement spécialisé… Les aidants vont parfois jusqu’à pratiquer des soins ou faire la toilette de leurs aînés. Un quotidien qui n’est pas toujours facile.

En effet, le même baromètre nous apprend qu’1 aidant sur 4 consacre 20h ou plus chaque semaine pour aider un proche. Cet accompagnement constant peut avoir de lourdes conséquences sur la vie personnelle (limitation des loisirs et des sorties), mais aussi sur la santé (effets négatifs sur la qualité du sommeil, le moral, la forme physique…). La vie professionnelle peut également être impactée. Peu de personnes souhaitent faire part de leur situation à leur supérieur hiérarchique, par souci de discrétion et de répercussion négative sur leur carrière, ce qui peut entraîner des conséquences non négligeables : stress au travail, manque d’efficacité, absences répétées, affaiblissement des liens sociaux entre collègues…

Accompagnement : les droits des aidants

Le statut d’aidant, du fait de sa reconnaissance, donne pourtant lieu à différents droits, à commencer par le droit au répit. Ce dernier offre la possibilité de s’accorder du temps libre, en bref de « souffler » en confiant son proche à des personnes de confiance (accueil de jour, de nuit, hébergement temporaire, aide à domicile, etc.). Certains aidants peuvent également demander une compensation financière, une réduction d’impôt ainsi qu’une exonération de cotisations sociales sous certaines conditions. Les proches peuvent aussi bénéficier de formations afin de disposer des outils essentiels à la compréhension des difficultés de la personne aidée ou à l’amélioration de la communication.

L’aide aux aidants devient aussi progressivement une préoccupation dans le milieu professionnel. Certains services de Ressources Humaines proposent des aménagements du temps de travail, du télétravail afin de prévenir le risque de burn-out ou encore la possibilité de donner des jours de RTT à ses collègues. Ceci n’est pas sans nous rappeler la situation d’Agathe Pfrimmer, dont le mari fut hospitalisé et placé dans le coma plusieurs semaines après avoir contracté le coronavirus (COVID-19). La mère de famille a pu compter sur la compréhension de ses collègues afin de s’occuper de ses 2 fillettes. Au total, 173 jours de RTT lui ont été confiés. Une belle preuve de solidarité !

Bientôt un congé de proche aidant indemnisé

La question du congé de proche aidant est actuellement au cœur de l’actualité. Alors qu’il était jusqu’alors possible de prendre un congé non rémunéré de 3 mois renouvelable et fractionnable (maximum 1 an), il semblerait que la progressive reconnaissance du statut change la donne. En effet, une loi a été promulguée en mai 2019 et le congé de proche aidant devrait être financé par la Sécurité sociale et rémunéré aux alentours de 43,52 € par jour pour une personne en couple et 52 € pour une personne isolée.

A l’heure où nous écrivons ces lignes, rien n’est encore finalisé. Des précisions quant à ce lancement devraient être apportées à la rentrée 2020, tout comme au sujet de la retraite des aidants. Brigitte Bourguignon, ministre déléguée à l'Autonomie, a toutefois précisé en juillet que le décret d’application serait « publié au cours du mois de septembre 2020 » et que l'indemnisation du congé de proche aidant entrerait en vigueur au 1er octobre. Les aidants sont nombreux à attendre avec impatience la mise en application de ce droit, d’autant plus après la crise du coronavirus durant laquelle ils ont été extrêmement sollicités.