Considéré comme un véritable héros de la Résistance, Jean Moulin est un nom que l'on n'oubliera pas en France. L'homme aux multiples facettes a rendu service à la nation durant la Seconde Guerre mondiale. Retour sur sa vie, ses combats et sa loyauté, jusqu'à son dernier souffle.

La jeunesse de Jean Moulin

Jean Moulin naît dans une famille modeste et paisible le 20 juin 1899. Jean Moulin a un frère Joseph (décédé en 1907) et une sœur, Laure. Très tôt, le jeune garçon se passionne pour le dessin et la peinture. Il se révèle talentueux et parvient même à vendre ses créations à des journaux.
Jean Moulin, par la suite, s'intéresse vivement à la politique. Son père est élu conseiller général de l'Hérault en 1913 et le pousse dans ce sens.
Ainsi, il décide d'entrer à la faculté de droit de Montpellier. Par la suite, il est nommé, grâce à son père, attaché au cabinet du préfet de l'Hérault, sous la présidence de Raymond Poincaré. Sa vie change, Jean Moulin se retrouve alors intégré à l'élite, rencontre des artistes ici et là, mène un train de vie un peu plus luxueux que d'usage.

Les débuts politiques de Jean Moulin

En 1918, Jean Moulin est mobilisé. Il se retrouve affecté au 2ème régiment du Génie. Envoyé aux quatre coins de la France, il enchaîne les missions pour les 7ème et 9ème régiments : terrassier, menuisier, téléphoniste, etc. Il rentre finalement à Montpellier et reprend son quotidien d'étudiant et d'attaché au cabinet du préfet. En 1922, à seulement 23 ans, il parvient à se hisser aux commandes du cabinet du préfet de Savoie, sous la présidence d'Alexandre Millerand. Il enchaîne en 1925, pour 5 ans, en tant que sous préfet d'Albertville. Il est à cette époque le plus jeune à occuper ce poste. Par la suite, il continue son épopée dans le Finistère où il s'adonne de nouveau à l'art. En 1937, Jean Moulin devient le plus jeune Préfet de France en accédant à ses nouvelles fonctions à la préfecture de l'Aveyron. Expert de l'aviation, il est rapidement intégré à la réserve de l'Armée de l'air française. En 1938, il atteint le grade de sergent de réserve.

Jean Moulin et la Seconde Guerre mondiale

Alors préfet de Chartres en 1939, Jean Moulin souhaite jouer un rôle essentiel durant la guerre et combattre. Il passe les tests médicaux d'incorporation à plusieurs reprises, malgré l'interdiction prononcée par le ministère de l'Intérieur. Il finit par être déclaré apte à partir au front au sein des mitrailleurs.

Le 7 juin 1940, Jean Moulin est arrêté une première fois par les Allemands, alors qu'il refuse de se soumettre à leurs exigences. Torturé, il tente de se suicider. Heureusement, Jean Moulin échappe de peu à la mort mais conserve une cicatrice sous le menton qu'il camoufle à l'aide d'un foulard. Révoqué le 2 novembre 1940, Jean Moulin quitte Chartres le 15 novembre suivant. Le Résistant n'a que deux désirs en tête : avoir une idée de la Résistance française, et se rendre à Londres pour engager des discussions avec la France Libre de De Gaulle. Jean Moulin se lance donc dans la rédaction d'un journal intitulé Premier Combat. Ce dernier vise à retracer l'ensemble des actions de Résistance mises en place par Jean Moulin. Il sera publié par la suite à la Libération et préfacé par le général de Gaulle. Jean Moulin prend une fausse identité et s'installe à Marseille pour rencontrer plusieurs autres résistants.

Jean Moulin, symbole de la
Résistance

En 1941, Jean Moulin parvient à se rendre à Londres sous une fausse
identité. Il y rencontre le général de Gaulle et lui demande de l'aide pour le
mouvement de la Résistance en France. À Londres, il suit un entraînement pour apprendre à sauter en parachute, tirer au pistolet et se servir d'un poignard.
Dès lors, il devient le délégué civil et militaire pour la zone libre. Jean Moulin a pour première mission de constituer l'Armée Secrète (AS). Mission qu'il réussit à mettre en œuvre en 11 mois. Cette Armée Secrète est encadrée par les Forces françaises libres.

Deuxième mission pour Jean Moulin : réunir les trois mouvements français de la Résistance. Il s'agit de Combat, de Franc-Tireur et Libération-Sud. Pour mettre à bien ces missions ordonnées par le général de Gaulle, Jean Moulin prend le pseudonyme Rex. Il parvient à créer plusieurs autres mouvements au fil des mois : Mouvements Unis de la Résistance (MUR), entre autres.
Jean Moulin se sert de ses talents d'artiste pour se créer une nouvelle
couverture. Il ouvre une galerie d'art : Romanin (nom avec lequel il signe ses peintures).

En 1943, Jean Moulin retourne à Londres pour rendre des comptes au général de Gaulle qui le décore de la croix de la Libération. Très vite ensuite, il créé le Conseil National de la Résistance. Malgré ces réussites, les membres des différents mouvements de la Résistance sont tour à tour traqués et tués. Le 21 juin 1943, Jean Moulin est arrêté par la Gestapo allemande en pleine réunion. Il aurait été dénoncé par l'un des participants : René Hardy. Torturé quotidiennement, Jean Moulin meurt de ses blessures le 8 juillet 1943. Incinéré très rapidement, les cendres du Résistant français ont d'abord été transférées au cimetière du Père Lachaise comme "inconnu". A ce jour, les cendres de Jean Moulin ont été placées au Panthéon et ce, depuis 1964.

Le doute plane toujours quant à l'identification formelle des cendres de
Jean Moulin, dont les actes de décès révèlent beaucoup de zones d'ombre. Il reste malgré tout l'un des acteurs majeurs de la Résistance française lors de la Seconde Guerre mondiale.

(Crédit photo : Studio Harcourt / Domaine public)