L’isolement des seniors est un problème croissant dans nos sociétés modernes. Face à ce défi, une solution technologique émerge de plus en plus : les robots compagnons. Ces assistants intelligents, dotés de capacités d’interaction, se proposent d’offrir une compagnie bienveillante aux personnes âgées. Sont-ils une réponse efficace et éthique à l’isolement des seniors ? On fait le tour du sujet.
Pourquoi l’isolement des seniors est une véritable problématique ?
L’isolement des seniors est un sujet préoccupant. Il a tout d’abord un impact direct sur la santé. Les personnes âgées seules sont plus susceptibles de souffrir de dépression, d’anxiété et de stress. Le manque de contacts sociaux peut également entraîner une baisse de la motivation à maintenir un mode de vie actif, entraînant une perte de mobilité et/ou un repli sur soi.
Ce phénomène entraîne aussi des conséquences sur la qualité de vie, la sécurité et l’autonomie des seniors, mais aussi sur les finances publiques. En effet, les coûts liés aux soins de santé des personnes âgées isolées sont souvent plus élevés, notamment parce qu’elles consultent plus fréquemment pour des problèmes de santé mentale et physique. Celles-ci peuvent dépendre davantage des services sociaux ou des maisons de retraite, augmentant ainsi la pression sur les systèmes de santé et les budgets publics.
Le robot compagnon comme solution pour lutter contre la solitude
Pour pallier cette solitude, différentes solutions émergent, à l’instar des robots compagnons. Ces dispositifs technologiques sont conçus pour offrir de la compagnie, de l’assistance et parfois même de l’émotion aux personnes, en particulier aux seniors. Ces robots peuvent être programmés pour interagir de manière simple et bienveillante avec leurs utilisateurs. Ils peuvent parfois même leur rappeler de prendre leurs médicaments ou surveiller leur état de santé. Les robots compagnons ne remplacent évidemment pas les relations humaines, mais peuvent compléter le soutien social et affectif dont les personnes âgées ont besoin au quotidien, en particulier lorsque leurs proches ne peuvent pas leur rendre visite régulièrement.
A titre d’exemple, un robot compagnon est en mesure d’engager une conversation, de poser des questions sur le bien-être de l’utilisateur ou de proposer des jeux cognitifs (exercices de mémoire, mots croisés, calcul mental…) pour stimuler l’esprit, offrant ainsi un moment de partage.
3 exemples de robots compagnons pour les seniors
Plusieurs robots compagnons ont été spécifiquement développés pour aider les seniors à lutter contre la solitude. Voici 3 exemples.
Paro
Paro est un robot conçu pour imiter un phoque bébé, offrant une interaction sensorielle et émotionnelle. Il est principalement utilisé dans des contextes thérapeutiques, chez les personnes âgées atteintes de troubles cognitifs comme la démence ou la maladie d’Alzheimer. Paro réagit aux caresses, aux voix et aux mouvements de la main. Il émet des sons et des gestes qui imitent un véritable animal, apportant ainsi une présence apaisante et une compagne affective.
Pepper
De son côté, Pepper est un robot humanoïde capable de reconnaître des émotions et d’interagir de manière conviviale avec les utilisateurs. S’il est principalement utilisé dans des contextes d’accueil ou de service client, il peut aussi accompagner les seniors en tenant des conversations, en leur rappelant des évènements importants (comme des rendez-vous médicaux) et même en leur permettant de jouer à des jeux.
Buddy
Enfin, Buddy est un robot humanoïde créé pour aider les seniors à rester connectés avec leurs proches tout en apportant une compagnie. Il peut passer des appels vidéo, rappeler des évènements importants et offrir une assistance pour la gestion des tâches quotidiennes. Il est aussi capable de suivre l’état de santé des utilisateurs en surveillant certains paramètres de base et en alertant l’entourage en cas de problème.
Les limites et les défis des robots compagnons pour les seniors
L’adoption de ces robots compagnons soulève tout de même plusieurs défis. L’un des principaux obstacles réside dans leur acceptation par les seniors eux-mêmes. Tous ne sont pas prêts à accueillir de tels appareils dans leur environnement de vie, surtout ceux qui ne sont pas familiers avec les technologies modernes. Pour certains, l’idée d’avoir un robot comme compagnon peut paraître inhabituelle voire dérangeante. Bien que conçus pour être intuitifs, ces robots nécessitent souvent des compétences technologiques de base, comme l’utilisation d’un écran tactile, de commandes vocales ou d’une connexion Internet.
Se pose aussi la problématique du coût. Les robots compagnons peuvent représenter un investissement important, ce qui rend leur accessibilité limitée. Par ailleurs, ces machines ne peuvent offrir de vrai soutien émotionnel. L’empathie reste par exemple propre à l’humain. Se pose donc la question de savoir si le fait d’imiter une interaction affective peut entraîner une forme de manipulation ? Quoi qu’il en soit, il reste essentiel de considérer ces robots comme des outils d’accompagnement, et non comme des remplaçants de l’humain.
(Crédit photo : iStock / Westend61)